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Accro d’la planche

Accro d'la planche

Lesley Choyce
Traduit de l’anglais
par Lise Archambault

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ORCA BOOK PUBLISHERS

Contents

Chapitre premier

Chapitre deux

Chapitre trois

Chapitre quatre

Chapitre cinq

Chapitre six

Chapitre sept

Chapitre huit

Chapitre neuf

Chapitre dix

Chapitre onze

Chapitre douze

Chapitre treize

Chapitre quatorze

Chapitre premier

Si ça en vaut la peine, fais-le. Si ça n'en vaut pas la peine, fais-le quand même. Telle est ma devise. Elle me permet de tenir le coup.

Je suis déboussolé depuis que j'ai quitté Willis Harbor. Ce n'est pas moi qui ai eu l'idée de déménager en ville. J'aimais vivre au bord de la mer. J'avais beaucoup de temps libre. J'avais ma planche à roulettes. J'avais les rochers et les corniches. Lorsque je faisais de la planche sur les corniches, j'avais l'impression d'avoir des ailes.

Lorsque je suis arrivé en ville, les gars du planchodrome m'ont donné plein d'autres noms. Mais c'est celui d'Accro qui m'est resté.

Lorsque j'y vais pour la première fois, le planchodrome est plein. Tout le monde se connaît. Il y a des trottinettes, des patins à roues alignées, des vélocross et, bien sûr, des planches. Surtout des planches. Les autres ne sont que des obstacles. Et certains planchistes sont plutôt bons.

Je n'ai jamais vu de planchodrome. Chez nous, il y avait la route principale, un fossé asphalté, une rampe de perron d'église et le grand défi — les corniches. Ici, la ville a construit dans un parc, exprès pour les planchistes, des demi-tubes et des rampes et une quantité incroyable de murets bétonnés. Il y a au moins une chose intéressante dans cette sale ville.

Lorsque je roule sur ma planche, je me sens toujours à la fois relax et tendu, dans un état d'équilibre harmonieux. Au planchodrome, je ne sens rien du tout. Je pose ma planche, pompe pour prendre de la vitesse et me retrouve au milieu du bol. Il y a beaucoup trop de monde qui zigzague dans tous les sens. C'est la folie furieuse.

Certains me fixent d'un air mauvais. Mais je ne peux pas m'en aller, même si je perçois clairement le message de leurs regards hostiles. Il est évident qu'on ne m'aime pas.

Je suis nouveau. Je ne suis pas un des leurs. Lorsque quelqu'un arrive ici, ils le traitent comme un papier-mouchoir usagé. Bon pour la poubelle.

Je descends d'un côté du demi-tube et remonte de l'autre. Je ne cherche pas à impressionner. Deux gars me talonnent sur leurs planches. C'est comme un test. Je les ignore. J'ai le droit d'être ici autant qu'eux.

À deux reprises je dois sauter en bas de ma planche pour éviter d'entrer en collision avec des gars plus jeunes. Ils me fusillent du regard. Pourquoi?

Le simple fait que j'existe semble les agacer. Je continue de rouler, en douceur et sans épate. Je prends de la vitesse pour atteindre le rebord du demi-tube, arrive presque à décoller mais pas tout à fait, et replonge vers le fond, furieux.

J'entends une voix derrière moi.

— Hé, toi!

Le gars sur un vélocross qui m'adresse la parole me rentre dedans. Sa roue avant atterrit sur l'arrière de mes chevilles. Je tombe à genoux sur le béton. Le reste de ma carcasse suit jusqu'à ce que mes lèvres embrassent le sol.

Je n'ai qu'un souci : j'espère que ma planche n'est pas brisée.

Ça fait très mal, surtout lorsque mon front imite mes lèvres et vient frapper le béton.

Mais ce qui fait le plus mal, c'est mon orgueil.

Le gars du vélocross, lui, continue de rouler. Il m'a simplement utilisé comme un obstacle de parcours. Je vois un nom sur le dos de sa veste : Hodge.

Tandis que j'essaie de reprendre mes esprits, j'entends des rires. Puis un planchiste qui descend le demi-tube me fonce dessus en criant. En fait, il y en a deux. L'autre descend du côté opposé.

Je m'attends à un impact, mais ils me contournent à la dernière seconde et poursuivent leur course. Ils sont bons. Je me retourne, attrape ma planche et rentre chez moi en boitant.

L'Homme-Oiseau a perdu ses ailes. Il est cloué au sol.

Chapitre deux

Je suis à ma nouvelle école depuis presque une semaine. Il est clair que je ne m'intègre pas. Willis Harbor n'est qu'à une heure d'ici, mais on dirait une autre planète.

Je n'ai jamais été bon à l'école. Je sais dessiner, et même assez bien. Mais je n'ai aucune facilité avec les mots et encore moins avec les chiffres. Les enseignants pensent que je suis stupide ou entêté ou, pire encore, ils me prennent en pitié.

Je n'ai pas d'autre ambition que celle de faire de la planche pour le reste de mes jours. Faire assez d'argent pour remplacer les roues et les essieux. Ça se résume à ça.

Mais l'école a quand même un bon côté. Un seul : la fille que j'ai vue mettre une planche dans son casier.

Elle n'est dans aucun de mes cours. Je ne l'ai vue que dans le corridor. Je ne suis pas le genre qui peut s'approcher d'une fille et lui dire : « Allo, je m'appelle Quinn Dorfman, mais tu peux m'appeler Dorf ». Pas du tout.

Je suis le genre qui marche furtivement dans le corridor comme un harceleur à l'affût. Est-ce assez pitoyable?

Malgré tous ses temps libres en période de chômage, mon père ne m'a jamais enseigné comment développer mes aptitudes sociales. Ma mère non plus. Après que mon père a perdu son emploi, elle a décidé de déménager dans l'Ouest pour se trouver un travail sérieux, comme elle disait. Ce qui veut dire que je ne peux compter que sur moimême si je veux rencontrer cette fille.

Comme je suis trop timide pour demander à qui que ce soit comment elle s'appelle, je l'appelle FAP, pour Fille à planche.

Depuis mon accident au plancho-drome, j'ai la lèvre inférieure enflée et violacée et une croûte sur le front qui a l'air d'une tranche de saucisson. Ces détails tendent à renforcer mon image de loser, mais ça m'est égal. J'ai l'intention d'attendre que mon visage soit guéri avant d'essayer de parler à FAP.

Mais un après-midi, elle me surprend à l'observer dans le corridor. Comme si elle sentait que quelqu'un la regarde, elle se retourne. Et sourit.

En tout cas, je crois que c'est un sourire. Je n'en suis pas vraiment certain. C'est pour le moins un presque-sourire. Mais la cloche sonne. Elle ferme son casier et se sauve.

FAP a de longs cheveux foncés, des yeux noirs, un beau visage et — ah oui — une magnifique planche Homegrown, un de mes fabricants préférés. Un jour, je vais prendre mon courage à deux mains et lui dire combien j'aime sa planche.

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